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Exposition ⎢ ” La nuit tombe sur l’Europe ” de Samuel Bollendorff

Exposition du 15 avril au 11 mai sous la Canopée des Halles à Paris, en accès libre.

 

Samuel Bollendorff - carton

 

La nuit tombe sur l’Europe est une exposition photographique et un film de Samuel Bollendorff, réalisés en collaboration avec Amnesty International et soutenu par le fonds de dotation agnes b. et Nikon. Elle propose un regard différent sur ces parcours de femmes, d’hommes et d’enfants contraints de prendre la route de l’exil pour fuir les violences des conflits ou de la persécution.

Un exil qui, étape après étape, les expose à la violence des passeurs, des forces de l’ordre, aux coups et aux ratonnades, aux viols ou la prostitution forcée… Alors qu’ils cherchent protection et sécurité, les réfugiés sont trop souvent confrontés à la violence, puis ensuite à la peur, au rejet ou à la stigmatisation.

“Pourquoi ne nous laissent-ils pas partir ? Ils veulent qu’on meure ici ?” Un Syrien de 70 ans, originaire d’Alep. En janvier 2016, au nord de la Grèce, la frontière avec la Macédoine s’est refermée. Condamnant la « route des Balkans », et laissant 46 000 enfants, femmes et hommes bloqués au milieu de l’hiver dans des conditions sanitaires déplorables, dans la pluie et dans le froid. “Idomeni n’est plus qu’un cul de sac synonyme de désespoir et de misère où végètent des milliers de familles. Je les ai vus jour après jour se transformer, perdre la raison, être avalés par ce camp inhumain. Ils manquaient de tout, ils vivaient au milieu des ordures et des excréments. Ils devenaient parfois agressifs pour un peu de nourriture, un sac de vêtements ou quelques morceaux de bois. Leurs journées se résumaient à satisfaire les besoins primaires (boire, manger et se chauffer) et à attendre. Mais attendre quoi ?! Un volontaire à Idomeni La nuit tombe sur l’Europe, une exposition photographique et un film de Samuel Bollendorff sera présenté sous la Canopée des Halles à Paris du 15 avril au 11 mai 2017, en accès libre. Réalisé en collaboration avec Amnesty International et soutenu par le fonds de dotation agnes.b, La nuit tombe sur l’Europe propose un regard diffèrent sur ces parcours de femmes, d’hommes et d’enfants contraints de prendre la route de l’exil pour fuir les violences des conflits ou de la persécution. Un exil qui, étapes après étapes, les expose à la violence des passeurs, des forces de l’ordre, aux coups et aux ratonnades, aux viols ou la prostitution forcée…Alors qu’ils cherchent protection et sécurité, les réfugiés sont trop souvent confrontés à la violence, puis ensuite au rejet, à la peur ou à la stigmatisation.
La route des Balkans – Grèce  © Samuel Bollendorff

 

Un regard à contre-courant sur les routes de l’exil

Appuyé sur le travail et les recherches d’Amnesty International, Samuel Bollendorff a repris la route des réfugiés. Un retour sur des lieux plus ou moins connus, parfois oubliés après avoir été surexposés.

Son travail déroge aux représentations identifiées. Il provoque et renouvelle le regard. Le parti pris est assumé : ses images qui ne montrent pas les réfugiés mais expose les lieux qu’ils ont traversés. Des images incarnées par leur dialogue avec les témoignages.

« Ce ne sont pas des gilets de sauvetage mais des gilets de la mort. C’est simplement un massacre. C’est pour ça que tant d’enfants se noient. La plupart ne savent pas nager, mais ils n’ont de toute façon aucune chance de flotter ». Un fabricant de gilets de sauvetage à Izmir La plupart des gilets de sauvetage, vendus 10 dollars à Izmir, sont faux. En cas de chute, ils se gorgent d’eau et font couler à pic ceux qui les portent. Sur les côtes turques, de plus en plus de magasins profitent du business juteux tiré de la vente de gilets de sauvetage et de bateaux pneumatiques totalement inadaptés pour naviguer sur la Méditerranée. “On ne peut pas les empêcher de partir. Et si nous, on ne vend pas, celui qui est à côté vendra, celui qui est derrière vendra…” Françoise Olcay, la consule honoraire de France à Bodrum vendait elle aussi des gilets et des bateaux pneumatiques aux réfugiés. La nuit tombe sur l’Europe, une exposition photographique et un film de Samuel Bollendorff sera présenté sous la Canopée des Halles à Paris du 15 avril au 11 mai 2017, en accès libre. Réalisé en collaboration avec Amnesty International et soutenu par le fonds de dotation agnes.b, La nuit tombe sur l’Europe propose un regard diffèrent sur ces parcours de femmes, d’hommes et d’enfants contraints de prendre la route de l’exil pour fuir les violences des conflits ou de la persécution. Un exil qui, étapes après étapes, les expose à la violence des passeurs, des forces de l’ordre, aux coups et aux ratonnades, aux viols ou la prostitution forcée…Alors qu’ils cherchent protection et sécurité, les réfugiés sont trop souvent confrontés à la violence, puis ensuite au rejet, à la peur ou à la stigmatisation.

L’Europe terre d’asile contre l’Europe forteresse

La situation des réfugiés est la plus grave que l’Europe ait connue depuis la Seconde Guerre mondiale. En 2015, plus d’un million de personnes ont demandé l’asile en Europe et au moins 3 700 personnes ont « disparu » en mer. Plus de 5 000 en 2016.

En réponse, les pays de l’Union européenne s’érigent en forteresse et ne prennent pas les mesures qui permettraient de garantir sécurité aux réfugiés. La crise des réfugiés est avant tout une crise de l’accueil par les États européens qui se défaussent de leurs responsabilités et de leurs obligations.

“Calais, le cimetière des espoirs et des rêves. Là-bas, beaucoup de gens perdent complètement pied.” Hassan, éxilé Syrien. En face de l’Angleterre, jusqu’à 10 000 personnes se sont entassées dans les plus grands bidonvilles d’Europe. Abandonnés depuis des années dans la boue et le froid, à la merci des passeurs et des mafieux, rois dans la Jungle. Ils se servent des mineurs isolés pour faire les courses, les corvées d’eau, la queue à la douche. Ils s’en servent pour ouvrir les camions, racketter les familles, surveiller les aires de stationnement, bloquer à certains l’accès aux distributions de nourriture. Tout, même les promesses de passage, se paie comptant ou en échange de services sexuels. Jamais les prix n’ont été aussi élevés pour traverser la Manche : entre 5 000 et 7 000 euros par personne. Senait est arrivée toute seule à 14 ans. Comme une vingtaine de jeunes femmes, pour survivre, à Calais, elle devait se prostituer dans la Jungle. Survivre. À 5 euros la passe. «Toutes les filles reçoivent des propositions pour se prostituer. Les plus faibles acceptent mais si tu refuses on ne t’oblige pas. Sauf si tu dois de l’argent.» En 2015, 90 000 enfants non accompagnés ont demandé l’asile en Europe. En octobre 2016, la Jungle a enfin été démantelée et plus de 5 000 personnes ont été ‘’mises à l’abri’’. Face au retour de réfugiés, dont de nombreux mineurs, Natacha Bouchart, maire de Calais a pris un arrêté interdisant la distribution de nourriture aux réfugiés. La nuit tombe sur l’Europe, une exposition photographique et un film de Samuel Bollendorff sera présenté sous la Canopée des Halles à Paris du 15 avril au 11 mai 2017, en accès libre. Réalisé en collaboration avec Amnesty International et soutenu par le fonds de dotation agnes.b, La nuit tombe sur l’Europe propose un regard diffèrent sur ces parcours de femmes, d’hommes et d’enfants contraints de prendre la route
France © Samuel Bollendorff

Les discours et informations sur les réfugiés sont nombreux, parfois instrumentalisés, en particulier dans des contextes électoraux. Les images ne manquent pas non plus qui témoignent de la situation. Des propos qui ne semblent pourtant pas ou plus provoquer de changements dans les politiques, qui ne parviennent pas non plus à modifier les perceptions. En tout cas pas de manière durable.

Dans un tel contexte, il est déterminant de redonner à chacun les moyens de comprendre et de réfléchir à ce qu’être réfugié en Europe signifie. Il est crucial que chacun puisse comprendre la réalité et la brutalité de ces parcours d’exil, mais aussi de saisir la singularité et l’humanité que le flot d’images ou d’informations ne permet plus de distinguer. La nuit tombe sur l’Europe traduit cette ambition.

 

Une exposition qui se prolonge par un film

Film produit par les films du Bilboquet © Samuel Bollendorff

La nuit tombe sur l’Europe c’est aussi un film produit par les Films du Bilboquet, dans lequel Samuel Bollendorff propose une réflexion sur l’exil : les réfugiés subissent la violence des passeurs, mais aussi celle des forces de l’ordre.

Un plan séquence de 15 minutes, la nuit tombant sur l’Europe et la Mer Égée avec les côtes grecques à l’horizon et un texte lu par Catherine Deneuve racontant les témoignages de rescapés. Une figure citoyenne qui rend hommage à ces destins malmenés sur la route de l’exil.

 

Voir aussi :

L’article du Monde

L’article d’Amnesty International 

L’article dans ELLE

L’article de l’Humanité 

L’entretien avec Samuel Bollendorff 

Le travail de Samuel Bollendorff

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