Skip to content

Exposition ⎢ Elzo Durt : Colors & Glory

Exposition du 28 avril au 10 juin à la galerie du jour agnès b.

hp_elzo

COLORS & GLORY  est la première exposition personnelle à la galerie du jour du graphiste et illustrateur belge de renom, Elzo Durt. Il y présente une sélection de ses travaux les plus iconiques des 15 dernières années, ainsi qu’une série de pièces inédites réalisées pour l’exposition.

L’impact visuel de ses images est violent, immédiat, et son style, malgré la diversité et l’éclectisme des sources iconographiques ainsi que des influences esthétiques qu’il y intègre, est reconnaissable entre tous. Puisant aussi bien dans le Poster Art hippie des 60’s / 70’s, les comics US, l’imagerie punk ou la symbolique ésotérique, il parvient à associer ces éléments disparates pour créer des images qui se révèlent complexes, suscitent l’interprétation et disent quelque chose de leur époque.

Le rapport à la musique étant un axe fondamental de son travail, Elzo Durt a réalisé de nombreuses pochettes de disques, notamment pour le label Born Bad Records qui, à l’occasion de ses 10 ans, édite une monographie de son graphiste attitré intitulée « Complete Works ». A noter que deux nouveaux t-shirts d’artistes Elzo Durt sont également édités en séries limitées par agnès b. pour l’occasion.

Tuesday Night Fever (détail) © Elzo Durt, 2017

Biographie

Né en 1980 à Bruxelles, Elzo Durt est sans nul doute un des graphistes les plus talentueux, productifs et barrés de sa génération. Mais il n’est pas que cela : illustrateur, directeur artistique, organisateur de soirées et de concerts, patron de label (Teenage Ménopause Records, créé en 2011 avec son complice Froos), cet activiste de l’underground bruxellois fut aussi un temps galeriste et éditeur. Bref, le bonhomme ne tient pas en place, et l’énergie qu’il déploie pour rendre sa vie la plus amusante et intéressante possible se retrouve, visuellement magnifiée et tout aussi vivace, dans ses créations, qu’il s’agisse de pochettes de disques, d’affiches de festivals, d’illustrations pour la presse, de sérigraphies, d’images destinées à être reproduites sur des planches de skate, des t-shirts, ou tirées sur diasec pour ses expositions.

Son style

Ce qui, de prime abord, frappe dans ses images, c’est leur impact visuel instantané, leur efficacité rentre-dedans, agressive, presque violente, avec leurs couleurs criardes associées de manières improbables, le long de la fine ligne de crête qui sépare l’audace chromatique du mauvais goût – ou du moins, de l’idée que l’on peut s’en faire selon le sens commun.

Un autre aspect remarquable de ses productions est leur caractère immédiatement reconnaissable. En effet, malgré l’éclectisme et la diversité des sources iconographiques et des influences stylistiques qui alimentent son travail, Elzo Durt parvient, par un processus de digestion / restitution redoutablement efficace, à imposer son esthétique propre, baroque et saturée autant qu’éminemment singulière et personnelle.

Livres d’images pieuses, catalogues de manufactures, ouvrages d’arts décoratifs, manuels de médecine ou d’ésotérisme entrent dans la moulinette de son logiciel de retouche d’images pour y être patiemment, minutieusement, clic de souris après clic de souris, accommodés à la sauce hippie selon les codes graphiques de la Beat Generation et du poster art des 60’s et 70’s, saupoudrés d’esthétique creepy issue des comics horrifiques US, façon The Cramps, et épicés par l’adjonction d’une bonne dose d’imagerie punk, trash et décadente à souhait, le tout étant lié à l’aide d’une prolifération de motifs psychédéliques et de trames hallucinatoires, et nappé ça-et-là de références surréalistes (on pense notamment à Max Ernst et à sa série « Une semaine de bonté »).

A travers une palette chromatique bien spécifique, avec ses cyans et ses magentas si caractéristiques, associée à un processus de sampling visuel anachronique, des têtes de morts chipées dans des vanités du XVIIème y côtoient ainsi des bouches grandes ouvertes qui semblent hurler de douleur ou de plaisir, des globes oculaires qui ne sont pas sans évoquer l’univers des Residents, des éléments de géométrie sacrée, des écorchés qui rappellent les meilleures heures du collectif Bazooka ou encore des symboles empruntés à l’imagerie cabalistique.

 

deco-2

Devo Attack © Elzo Durt, 2015

 

Son rapport à la musique

Un autre axe fondamental du travail d’Elzo Durt, réside le rapport qu’il entretient, de manière passionnée, viscérale et quasi obsessionnelle, à la musique, qu’il s’agisse de garage rock, de cold wave ou de techno (ses goût et centres d’intérêt en la matière se révèlent en effet aussi éclectiques et diversifiés qu’ils le sont dans le champ graphique).

A ce propos, il déclare :

« J’ai toujours voulu faire des pochettes de disques parce que j’aime par-dessus tout l’idée de lier une image à de la musique, et puis ça me donne un lien intime avec le disque. »

Tout est dit dans cette courte phrase qui exprime de façon simple et directe l’importance des relations qui existent pour Elzo – comme pour beaucoup d’artistes de sa génération – entre la musique qu’il écoute et les images qu’il élabore. Partant de là, il n’y a rien d’étonnant à ce que nombre de ses créations graphiques se soient retrouvées sur les pochettes d’albums de groupes tels que Thee Oh sees, Le Prince Harry ou Kaviar Special, pour n’en citer que quelques-uns. Dans ce registre, sa collaboration privilégiée avec le label parisien Born Bad a été déterminante : « C’est en rencontrant J-B – Jean-Baptiste Guillot, Boss du label Bord Bad Records – que j’ai commencé à faire des pochettes pour des groupes dont je suis complètement fan, c’est une énorme pression, mais un véritable moteur ! » Il réalisera ainsi les pochettes de Frustration, La Femme, Jack Of Heart, Magnetix, Cheveu, Clothilde ou encore Francis Bebey, pour ce label parisien devenu culte en à peine une décennie d’existence.

En conclusion

Passé le premier choc visuel suscité par ses images, on prend conscience de leur complexité, du fait que, malgré leur impact immédiat, elles ne se livrent pas tout de suite mais, au contraire, se décryptent, se décodent, s’interprètent comme un retable du moyen-âge, se lisent comme un grimoire alchimique… Ainsi, qu’elles résultent de travaux de commande ou de processus créatifs plus libres, elles racontent quelque chose de notre société, de l’« air du temps » qui en émane, et donc, de notre époque.

VERNISSAGE : Jeudi 27 avril

18h00

http://www.galeriedujour.com

http://elzodurt.com/

Share on FacebookShare on Google+Tweet about this on TwitterEmail this to someone